jeudi 11 janvier 2018

Grand Paris : les Départements franciliens ripostent

Les présidents des sept Départements de petite et grande couronne se sont réunis en conférence de presse, jeudi 11 janvier au siège de l'Assemblée des Départements de France à Paris.

Menacés de disparition, les Départements franciliens répliquent. Les présidents de l’Essonne, des Hauts-de-Seine, de la Seine-et-Marne, de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, du Val d’Oise et des Yvelines ont rappelé, jeudi 11 janvier, le rôle déterminant de l’échelon départemental au sein de la Métropole du Grand Paris. En ligne de mire, le scénario privilégié par le préfet de Région Michel Cadot qui prévoit dans un premier temps la suppression des trois Départements de petite couronne. En leur lieu et place, onze établissements publics territoriaux (EPT) – dont quatre dans les Hauts-de-Seine – prendraient en charge les compétences départementales. Ce projet évoque même dans un second temps la suppression des quatre autres Départements de grande couronne…

Première critique, l’absence totale de concertation entre l’État et les collectivités territoriales. « Nous avons été surpris de découvrir un scénario privilégié qui n’avait jamais été débattu jusqu’à présent,affirme François Durovray, président du Département de l’Essonne. Il s’agit d’un schéma autoritaire, coûteux et injuste qui ne représente absolument pas la volonté des élus concernés. » Ensuite, le choix du périmètre de la Métropole, trop restreint selon les élus. « Nous souhaitons une Métropole qui s’étende à toute l’Île-de-France, le seul périmètre réellement pertinent », estime Pierre Bédier, président des Yvelines. À la suppression des Départements, les élus opposent un projet de Métropole « ambitieuse, solidaire et démocratique ».

Les élus franciliens ont ainsi réaffirmé la pertinence de l’échelon départemental. « Les différents Départements ont sensiblement le même nombre d’habitants et le même budget. Cette parité humaine et financière permet de porter notre politique en étant proche des territoires », insiste Pierre Bédier. « Ils jouent un rôle primordial en matière sociale ou de développement économique. On touche ainsi à toutes les politiques de l’enfance, de la famille et du handicap », rappelle Christian Favier, président du Département du Val-de-Marne. « Pourquoi casser ce qui fonctionne si c’est pour le remplacer par ce qui ne marche pas ? Dans le schéma présenté, on remplace 138 élus des trois Départements élus au suffrage universel par 1 263 délégués des communes. Ce n’est pas un grand progrès démocratique », ajoute Patrick Devedjian.

La démarche des sept présidents a reçu le soutien de Dominique Bussereau, président de l’Assemblée des Départements de France, de Gérard Larcher, président du Sénat, et de Valérie Pécresse, à la tête de la Région Île-de-France. En attendant la conférence territoriale, prévue – pour le moment – en février et lors de laquelle Emmanuel Macron statuera sur le devenir et le périmètre de la Métropole du Grand Paris, ils ne comptent pas s’arrêter là. Une campagne de presse a été lancée et le 31 janvier à La Seine Musicale, un rassemblement sera organisé en présence d’autres élus locaux et de membres de la société civile.